dimanche 15 avril 2007

être élève et homosexuel(le), incidence scolaire













Cours d’étude des phénomènes de société et de leurs incidences sur le milieu scolaire :



TABLES DES MATIERES


1. La pensée en rouge

a) préface
b) introduction

2. La pensée en blanc : les faits

a) Les clichés
b) Historique
c) Les différents niveaux de l’homophobie
d) Statistiques (4)

3. La pensée en noir : les dangers de se déclarer homosexuel(le)s à l’école

4. La pensée en jaune : les points positifs

5. La pensée en vert : les perspectives, quelques pistes

a) Au niveau de l’établissement scolaire
b) Au niveau de la classe

6. La pensée en bleu : mon avis, pistes personnelles et conclusion

7. biographie


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La pensée en rouge


a) préface

N’étant pas homosexuelle, le choix de mon sujet pourrait surprendre ! C’est pourquoi je vais d’abord expliquer pourquoi avoir choisi ce thème.

Je connais dans mon entourage réel et virtuel beaucoup de personnes homosexuel(le)s, bi voire transexuell(e)s.

Pour les côtoyer depuis plusieurs années, je me suis rendue compte à quel point rien ou presque n’est fait dans la société et particulièrement dans le milieu scolaire afin de prôner à un peu plus de tolérance.

Lorsque j’entend, « sale pédé », « tapiole », « il faudrait qu’on les pende ces gens là ! » quand je vois une femme offusquée de voir deux homos simplement s’embrasser « vous n’avez pas honte de faire ça devant des enfants » (j’ai assisté à cette expérience), quand je vois des homos se faire assassiner, se suicider ou se faire battre ou violer simplement par le fait de leur sexualité, j’éprouve un sentiment de révolte.


Je me suis plus penchée sur la problématique des élèves LGBT (*) dans le secondaire (au sens large) car c’est à cette période que les jeunes se posent beaucoup de questions. Ils se trouvent dans la phase où ils se posent beaucoup de questions sur leur sexualité, ne comprennent pas toujours ce qui se passe dans leur corps… C’est déjà une période difficile pour les jeunes hétéros, alors les LGTB (*) ont un « handicap » en plus à surmonter !

(*) lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, transgenre(s)

b) Introduction

Les jeunes homosexuels sont-ils discriminés à l’école ?

L’homosexualité est un sujet tabou. En restant silencieuse quant au thème de l’orientation sexuelle l’école cautionne l’homophobie ambiante, notamment au niveau du langage.
Elle ne reflète pas la réalité sociale et empêche des jeunes qui ne s’identifient pas à la majorité hétérosexuelle de se développer avec leurs sentiments intérieurs.

L’école ne remplit pas son rôle d’objectivité et d’éducation pour tous en ne valorisant que des formes de socialisation hétérosexuelles et en abordant pas les thématiques liées à l’homosexualité en classe, notamment à travers les textes étudiés ou par le fait que les enseignant(e)s homosexuel(le)s restent en grande partie cachés.

Certes, on veut nous faire croire que notre pays est à la pointe de la tolérance en la matière en ayant été parmi les premiers à autoriser le mariage et l’adoption pour les couples gays.

Seulement, je pense que l’on a oublié quelque chose d’essentiel, apprendre la tolérance envers ces personnes ayant uniquement pour « faute » le fait d’avoir une sexualité différente de la majorité.

Pourquoi en parler dans le cadre du milieu scolaire ? C’est à l’adolescence, voire la fin de l’enfance que l’on commence à se poser des questions sur sa sexualité.

Selon les statistiques, il y a entre 5 à 10% d’homosexuel(le)s dans la population.

Si l’on tient compte de ces statistiques, les professeurs doivent savoir qu’il y a probablement dans leurs classes un ou deux élèves qui sont concernés.

Ces ados, subissent des railleries, des violences physiques ou morales, se trouvent anormaux, perdent leur estime d’eux-mêmes. De ce fait ils sont des « bons clients » au décrochage scolaire.

Petit test à faire : demandez à quelqu’un de votre entourage ce qu’il pense des homosexuels ?

La réponse diffèrera probablement suivant le milieu social de la personne à qui vous en parlez !

Les « politiquement correct » vous répondront que ça ne les dérange pas !

Posez lui ensuite la question : et si ton fils, ta fille, ta sœur, ta mère, ton frère…. Te disait qu’il en est ! Vous pourriez être étonné de la réponse !




Toutes les statistiques confondues prouvent que le suicide des ados gays ou lesbiennes sont supérieures aux autres motifs de suicides !

C’est pourquoi, chaque prof, quelque soit ses positions sur la question devrait être ouvert à ces élèves qui se retrouvent plus fragilisés que les autres !

Nous verrons dans les chapitres suivants les solutions ou pistes de solutions qui peuvent être mises sur pied !

Pour faire court, je dirais que le plus grand danger face à l’homosexualité à l’école est le déni et le silence face à cette forme d’amour!

Généralement, en raison du secret qui entoure ce phénomène, les personnes homosexuelles ne peuvent bénéficier du soutien de leurs proches, comme c’est souvent le cas pour d’autres problématiques. Se réfugiant derrière le silence et le secret tout au long de la période d’acceptation elles doivent affronter des facteurs déstabilisants, générateurs de stress et d’anxiété comme : l’homophobie, les préjugés, la condamnation par la société et parles autorités religieuses, le rejet par la famille, par les pairs, le refus de sa propre image, l’isolement, la solitude morale et physique, la négation de son homosexualité, la nécessité de redéfinir les valeurs acquises et les conflits qui en découlent, l’absence de modèle… ; De surcroit, leur silence les privera du recours aux ressources, aux confidents, au soutien familial, des pairs et à des modèles d’identification…






2. La pensée en blanc : les faits


a) Les clichés :

1- Les homos sont des pervers
2- Ils sont pédophiles
3- Ils ont choisi cette voie et n’ont qu’à en assumer les conséquences
4- Ils sont socialement inférieurs aux hétérosexuels
5- Ils sont instables et changent de partenaires tout le temps !
6- Ils ne faut pas les fréquenter de peur de devenir comme eux !
7- Les homos s’habillent tous en rose et sont toutes des « folles » et les femmes lesbiennes ressemblent toutes à des « camionneuses »
8- L’homosexualité est contre-nature
9- L’homosexualité est une maladie mentale qu’on peut guérir
10- Les homosexuels sont responsables du SIDA
11- L’homosexualité est juste un passage de l’adolescence
12- L’homosexualité est souvent causée par l’absence d’un des parents !….

b) Historique :

Tirant ses origines de l’histoire judéo-chrétienne et de phénomènes culturels, sociologiques et psychologiques complexes, l’homophobie est présente à de multiples niveaux dans la société, dans le cœur et de dans l’esprit de nombreuses personnes, dans le vocabulaire courant, dans les livres comme dans les institutions.

Le terme « homophobie » semble avoir été utilisé pour la première fois aux Etats-Unis en 1971, mais ce n’est qu’à la fin des années 1990 qu’il apparaît dans les dictionnaires de la langue française ! (petite anecdote à ce sujet, le terme « homophobie » est souligné en rouge sur mon programme word depuis le début de mon travail)…


c) Les différents niveaux de l’homophobie

- Homophobie du langage : insultes, plaisanteries, vocabulaire négatif qui stigmatise l’homosexualtité et les personnes homosexuelles.
- Homophobie personnelle : sentiment/croyance personnelle que les homosexuels sont anormaux, bizarres, malades. Sentiment de peur, insultes, évitement, violence verbale, voire physique.
- Homophobie institutionnelle : institutions, lois, règlements qui discriminent les homosexuels.
- Homophobie institutionnelle : normes sociales et culturelles qui favorisent l’hétérosexualité au détriment de la l’homosexualité. Privilèges inconscients. Valeurs sociales, religieuses, culturelles, livres, iconographies qui excluent les homosexuels.
- Homophobie intériorisée des homosexuels : les homosexuels eux-mêmes intériorisent les préjugés, les normes sociales homophobes et en viennent à se dévaloriser, voire à se détester eux-mêmes, et à dévaloriser, voire à détester les homosexuels de leur entourage.
- Hétérosexisme : présupposé qui veut que tout le monde soit hétérosexuel, et que l’hétérosexualité est la seule option valable (cfr homophobie institutionnelle et culturelle). Souvent inconscient. Avantages inconscients des hétérosexuels.


L’école en faisant de ce sujet un tabou, contrevient au décret définissant les nouvelles missions de l’école qui prévoit dans son article 6 :




La communauté française pour l'enseignement qu'elle organise, et tout pouvoir organisateur, pour l'enseignement subventionné, poursuivent simultanément et sans hiérarchie les objectifs suivants :




1°) promouvoir la confiance en soi et le développement de la personne de chacun des élèves;




2°) amener tous les élèves à s'approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle;




3° préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au


développement d'une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures;




4° assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale"




L'article 8 évoque la manière d'atteindre ces objectifs généraux :




" A cet effet, la communauté française (...) et tout pouvoir organisateur (...) veillent à ce que chaque établissement (...) éduque au respect de la personnalité et des convicitions de chacun, au devoir de proscrire la violence tant morale que physique et met en place des pratiques démocratiques de citoyenneté responsable au sein de l'école"



d) Statistiques

Deux études ont été réalisées en Flandre :

d.1) La première faites par l’ASBL HOLEBIFABRIEK (2001) démontrent que seuls 10% des élèves disent qu’ils(elles) ont reçu assez d’information sur l’homosexualité ; 60% d’entre eux disent ne pas avoir de problème avec l’homosexualité mais la majorité confient « si j’étais homosexuel(le), je ne le dirais à personne.

d.2) Une étude de l’université de Gand (1999) a mis en évidence que 85% des personnes d’orientation homosexuelle ou bisexuelle affirmaient n’avoir jamais entendu parler de l’homosexualité dans leur parcours scolaire ; parmi les 15% qui en avaient entendu parler, 60% se disaient insatifait(e)s de la manière dont ils/elles en avaient entendu parler.

d.3) Etude personnelle faite via internet :

Mon étude s’adressait à tous le milieu HOLEBI (homosexuels, lesbiennes, bisexuel(le)s)

a) statistiques : 22 personnes ont répondu à mon questionnaire. 15 garçons/hommes et 8 filles/femmes. Le plus jeune est âgé de 15 ans et le plus âgé d’une quarantaine d’années.

à partir de quel âge vous êtes vous posé des questions quant à votre orientation sexuelle ?

Certains commencent déjà à se poser des questions dès la fin de l’école primaire (12 personnes). Les plus âgés ont environ 15 ans.




à partir de quel âge êtes vous certains de votre orientation sexuelle ?

4 des personnes interrogées ne savent toujours pas au moment de remplir le questionnaire, pour les autres, cela va de 11-12 ans à 27 ans. La plupart se situent dans la tranche d’âge entre 14 à 18 ans


En avez-vous parlé à l’école ? si oui à quel âge ? seulement à votre entourage proche ? à tout le monde ? quelles ont été leurs réactions ?

La plupart en ont parlé à des amis proches, en général lorsqu’ils ont quitté le secondaire.

Ce que l’on retrouve dans presque chaque réponse, c’est que pratiquement aucune des personnes interrogées n’ose en parler à leur famille proche ou leurs parents. Peur de leurs réactions, parents ouvertement homophobes, culpabilisation des parents…

Si non, pourquoi ne pas avoir osé l’avoir fait ?

Peur des représailles, du rejet, peur de décevoir, éducation religieuse,….

Comment est (ou était) perçue l’homosexualité dans votre établissement scolaire ?

Des réponses très différentes suivant le niveau d’études, l’homosexualité est assez bien acceptée lorsqu’on arrive dans le supérieur. Dans le secondaire, il y a des réactions positives, des réactions de déni, des établissements qui sanctionnent (cela salit la réputation de l’école), l’horreur ! je cite « si ça continue on devra porter un triangle rose), certains établissements n’y prêtent aucune attention et ne voit que la réussite du cursus scolaire…. Ce qu’il ressort c’est qu’il y a de grandes différences entre les établissements. Il y a les petites et grandes écoles, les écoles de villes et les écoles rurales… Dans ces différences d’établissements, on constate une tout autre manière d’aborder le sujet !

A t’on abordé ce sujet dans un cours ? si oui de quelle manière ?

18 des personnes interrogées affirment n’avoir jamais abordé le sujet en classe. Certains l’ont abordé pendant les cours de philosophie, dans les modules spéciaux ayant attrait à la sexualité, pendant le temps de midi avec un prof de philosophie mais de manière informelle, à l’occasion du travail d’un élève qui traite du sujet, dans le cadre d’un exposé sur les discrimination.

Y a t’il eu des actions visant la tolérance dans votre établissement ?

16 personnes dans celles qui ont répondu affirment n’avoir jamais vu une telle action dans leur établissement. Pour celles qui ont répondu positivement, une action a été menée par une association gay qui s’est déplacé dans l’école dans un but d’information, le sujet a été abordé dans le cadre du cours de religion (dans le bon sens du terme), en cas de TAG visant l’homosexualité, un affichage a été placé rappelant les dispositions légales en la matière.

Si vous êtes prof, vos collègues, direction est-elle au courant ? si oui ==<>

2 profs ont répondu à la question. Une dame qui a vécu précédemment (relation réussie) avec un homme et qui a des enfants, donc elle n’a pas souhaité en parler. Un homme dont ses collègues doivent avoir des doutes car il vient chaque fois accompagné de son ami lors des festivités extra-scolaires. Ils estime ne pas à devoir se présenter comme étant homosexuel étant donné que ses collègues n’ont pas à se présenter en tant qu’hétéro. Cela fait partie de sa vie privée.

Quelles sont les remarques ou actes dont vous avez été témoins dans votre établissement scolaire ?

- Deux filles se sont faites exclure car elles s’embrassaient dans un couloir ;
- Moqueries en tout genres, violences verbales ;
- Humour largement douteux voire homophobe ;
- Phrases humiliantes ;
- Toute une classe s’est mise à insulter un gay, il a eu beaucoup de mal à revenir à l’école après cette séance d’insultes ;
- un jeune ayant fait son coming out (révélation de son homosexualité) a subit des injures et des violences physiques. Il rasait les murs et essayait de passer complètement inaperçu.
- Un autre s’est vu également insulter et passé à tabac par 4 garçons ;
- Un prof dit ne jamais avoir reçu de remarques en face mais sait ce qu’on dit derrière ; il ajoute avoir fait une remarque à un de ses collègues qui se foutait « de la gueule » d’élèves efféminés. Le comportement de ce dernier a changer par la suite.

Quelles sont vos idées en matière d’initiative pour plus de tolérance dans le milieu scolaire?
De nombreuses réponses ont été données à cette question. Je les livre en vrac.
- Aucune idée, on perçoit une certaine fatalité, quoiqu’on fasse, cela ne changera rien !
- les jeunes manquent d’ouverture d’esprit, je cite : « c’est comme faire manger des légumes à des mioches », il faut attendre que ces jeunes mûrissent.

- Certains pensent qu’il faudrait pus en parler ;

- Faire entrer dans le langage des expressions qui font références à toutes les formes d’amour des couples ;

- Dépasser dans les cours sur la sexualité la seule façon d’être en couple qui est l’homme et la femme ;

- Certains proposent de mettre cette problématique au programme du cours de philosophie, plus enclin à la discussion et au débat ;
- Il faut éduquer les profs ! c’est la base ! comment prôner des valeurs de tolérances quand elles ne sont pas véhiculées par les profs !

- L’école doit se montrer ouverte à toutes formes de différences ;

- Dédramatiser les fait d’être homo ou lesbienne ;
- Organiser des débats/discussions/interventions sur la sexualité en général, mais avec une participation volontaire uniquement ;

- Introduction à la tolérance dans les cours d’éducation civique

- Détecter le jeune mal dans sa peau et organiser avec lui des « micro-dialogues », au cas par cas ;

- La banalisation passe aussi par les personnes qui s’occupent des cours d’éducation sexuelle ;
- En tant que prof, reprendre automatiquement les propos à caractère homophobes ;

- Informer les jeunes sur les fausses idées qui circulent à propos de l’homophobie (cfr l’introduction) ;

- Parler de toutes les formes d’amour dès l’école primaire. Les tout jeunes enfants sont parfois plus perméables à ce genre de discours que des adolescents « suiveurs » ;

- Profiter de la journée contre l’homophobie pour mener une action visant à plus de tolérance ;

- Formation d’une infirmière scolaire à la problématique, l’avantage est que l’on a pas directement l’étiquette « homo » sur la tête dès qu’on va la trouver ;

- Avoir une personne de référence à qui parler ;

- Faire passer le message via des associations gay/bi/lesbienne ;
- Informer les élèves et sanctionner les comportements homophobes, même s’il ne s’agît que d’insultes ;

- Donner les procédures à suivre pour pouvoir porter plainte contre les homophobes.

Trouvez vous qu’il soit plus simple d’être homosexuel actuellement qu’il y a une vingtaine d’années ?

La plupart n’ont qu’un avis très vague sur la question, la plupart n’étant pas encore nés ou étaient encore très petits à cette période. Toutefois, certaines idées se dégagent :

- Certains pensent que oui car aujourd’hui ils osent se montrer et c’est certainement du au travail fait par les différents acteurs depuis ;

- Un autre pense que sur la forme les choses ont changé mais pas encore en profondeur. (on va moins vite vous traiter de pédé si on sait que vous l’êtes) ;

- On va de plus en plus vers la tolérance, notamment grâce aux médias au sens large, films, séries pour ados, débats, où les gays ont leur place.

- Les sites internet et les forums de discussion permet à un ado isolé et qui se questionne de trouver des réponses à ses questions ou de faire des rencontres.

- Certains voient une démocratisation de l’homosexualité ;
- On relève le fait que cela dépend de l’endroit où l’on vit ! Etre homo ou lesbienne n’est pas toujours évident quand on vit en milieu rural ; Parfois les mentalités n’ont pas du tout évoluées dans certains endroits…

- Ils n’ont plus à se cacher comme avant, mais paradoxalement, ils sont plus exposés aux insultes et actes homophobes ; : Je cite : « on peut s’afficher en pleine rue, mais on se fait toujours tabasser dans les ruelles sombres »
- Autre citation : « je ne crains plus qu’à 2 % de me faire jeter dans le canal » ;

- Une personne relève qu’il est certes plus simple de trouver des infos mais que la vie est toujours aussi compliquée au jour le jour.

d.4) L’homosexualité à travers le monde : Au niveau mondial, le premier constat est catastrophique. 80 pays sur les 200 (soit 40%!) qui sont reconnus au sein de l'ONU criminalisent encore l'homosexualité, beaucoup d'autres la condamnent indirectement et certains l'utilisent pour exercer des pressions politiques. Il y a encore une dizaine de pays où l'homosexualité est passible de la peine capitale. Il s'agit de pays qui appliquent sans discernement la charia : Afghanistan, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Iran, Mauritanie, Pakistan, Soudan, Tchétchénie et Yémen. Dans trois de ces pays, il y a eu récemment des exécutions pour cause d'homosexualité (Afghanistan, Arabie et Iran). Dans de nombreux autres pays, la prison, avec parfois de longues peines, est le régime réservé aux gays. Ceci sans compter où l’homosexualité n’est pas officiellement condamnée par le code pénal mais est sujet à des pressions ou brimades policières (Chine, Taïwan, Corée, Cambodge, Vietnam et Philippines) Plusieurs organisations font état du fait que plus de 4000 gays et lesbiennes auraient été pendus en Iran depuis 1979. En voici un exemple !













3. La pensée en noir : les dangers de se déclarer homosexue(le) à l’école

L’école doit autant que possible écarter les obstacles que rencontrent les élèves dans l’apprentissage. Pour la plupart des LGBT (*), l’angoisse face à l’homophobie constitue un obstacle important dans l’apprentissage. Les troubles de l’identité que les adolescents ressentent (contre la morale, peur des réactions des autres provoquent outre leur période d’incertitude sont souvent synonyme de perte de l’estime de soi ! Nous avons déjà vu que le manque d’estime de soi, sont souvent synonyme d’absentéisme, voir de décrochage scolaire. (*) lesbiennes, gays, bisexuel(le)s et transgenres




4. La pensée en Jaune : les points positifs




Les politiques prennent enfin conscience des problèmes ! La communauté française a établi un dossier destiné aux écoles de la communauté française. Cette base pédagogique, est un outil de base pour informer et réagir face à l’homophobie à l’école. Ce projet peut être critiqué en certains points, mais il a le mérite d’exister. Reste maintenant aux écoles d’emboîter le pas… http://www.enseignement.be/@librairie/documents/respel/doc/HomoPhobie-04.pdf






ceci n’est pas l’unique brochure, il en existe un grand nombre sur le net…


Les vedettes de télévision ou autres font de plus en plus de coming out (déclaration de son homosexualité) ou ne cache en rien leur penchant sexuel















5. La pensée en vert : les perspectives, quelques pistes

a) Au niveau de l’établissement scolaire

L’approche de l’homosexualité en milieu scolaire exige une politique claire
. C’est seulement alors :
· Que le les initiatives individuelles des enseignants ne resteront pas isolés
· Que l’équipe des enseignants travaillera dans la même direction
· Que les professeurs pourront s’entraider, se communiquer leurs expériences, coordonner leurs initiatives.

Il faut définir un plan d’action :

· Motiver : les profs sont-ils persuadés qu’il est nécessaire de mettre une politique globale contre l’homophobie comme on le fait pour la drogue ou la violence ?
· S’attaquer à l’homophobie faire un tour d’horizon pour voir où en sont les connaissances, les préjugés, les résistances des différents acteurs de l’école (la direction, les enseignants, les parents et les élèves). Ensuite mettre un plan d’action au point avec des spécialistes pour évincer les résistances.
· Créer un climat d’école bienveillant Une école qui met sur pied un accompagnement sérieux des élèves accorde aussi de l’attention aux gays et aux lesbiennes. Dans son plan d’action l’école précise ce qu’elle compte faire pratiquement pour lutter contre l’homophobie. C’est ainsi qu’une école peut montrer qu’elle ne fait pas un problème de la préférence sexuelle.
· Une direction du personnel bienveillante l’école doit montrer le bon exemple, par exemple en autorisant les membres de son personnel (LGBT) a pouvoir s’affirmer en tant que tels si c’est leur choix. Un coming out (révéler publiquement son homosexualité) offre un tas de perspectives. Il offre aux élèves la possibilité d’un modèle à qui s’identifier, il peut entraîner une attitude positive de la part des élèves et conduire à plus de tolérance et d’acceptation.


b) Au niveau de la classe :

· Une approche intégrée : chaque fois que la sexualité est abordée à un cours, la question de l’homosexualité peut être abordé, non comme un cas à part, mais en même temps que la variante à l’hétérosexualité. Ex : lorsqu’on demande à un élève de faire le portrait de sa femme idéale, permettre à l’élève de faire son portrait sur base de son propre vécu sexuel.
· Une approche globale Un changement global d’attitudes face à l’homosexualité que si on aborde le sujet dans des thèmes pluridisciplinaires. J’entend par là qu’il ne faut pas limiter les débats ou allusion au sujet uniquement dans les cours de morale/religion. Un prof de néerlandais peut par exemple proposer un livre à lire qui parle d’homosexualité, le prof de biologie pourrait aborder de l’homosexualité chez les animaux, en géographie, parler de la formation de ghettos homosexuels dans les grandes villes américaines….
· Une approche spécifique l’homosexualité diffère de l’hétérosexualité parce qu’elle n’est pas acceptée. De la vient la nécessité d’y consacrer des actions spécifiques visant à fournir des informations, réfuter les clichés et les mythes, discuter les discriminations


6. La pensée en bleu : mon avis et pistes personnelles

On l’a vu, l’homosexualité est mieux acceptée de manière générale de nos jours qu’il y a une vingtaine d’années.

Toutefois, paradoxalement, le fait de s’affirmer en tant que tel, expose ce dernier à des remarques ou actes de violence homophobes.


Ces jeunes ont besoin de trouver des réponses à leurs questions, d’avoir des personnes de référence à qui il peut parler de ses doutes, ses craintes en toute liberté et discrétion.

Les écoles doivent prendre leurs responsabilités afin que ces jeunes ne se sentent pas exclus du système scolaire.

Une école « gay friendly » gagnera peut être à avoir des étudiants mieux épanouis, mieux dans leur peau, et donc avec de meilleures chance de réussite à l’école.

Quelques pistes qui me semblent évidentes personnellement :

· Les propos ou actes homophobes doivent être sanctionnés de la même manière que les remarques racistes (via le règlement d’ordre intérieur par exemple)
· L’école doit avoir une politique claire en la matière (voir chapitre précédent)
· Le jeune doit être informé de ce qu’il est en droit de réclamer en cas de manifestation manifeste d’homophobie à son égard (via le règlement d’ordre intérieur, un affichage aux valves, les associations de la région qu’il peut contacter….
· Il faut parler aux élèves dès l’école primaire non pas de l’homosexualité dans le sens sexuel du terme, mais comme une sorte d’amour différent et non honteux (pensez à la fin des histoires racontées dans votre enfance avec la fin « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…) – des livres à l’attention des enfants existent d’ors et déjà
· Une journée a été déclarée « journée contre l’homophobie », ce serait une journée idéale pour faire une séance d’information, d’acceptation, de banalisation, soit par le corps enseignant, soit par des associations LGBT
· Inclure dans les diverses matières enseignées, des livres, des cas qui parle d’homosexualité.
· Pour aller vers plus de tolérance, la première étape est d’éduquer les profs, la direction, les parents, ce sont eux les responsables en première ligne de la tolérance que peuvent avoir les enfants dont ils ont la charge. Imaginez un ado dont le père et/ou la mère sont (est) profondément homophobe(s), comment ce jeune pourrait-il arriver à s’accepter dans un tel contexte ?


Conclusion : si je deviens enseignante un jour, je pense que je ferai tout pour faire bouger les choses à ce niveau !

Si l’école adopte une attitude « gay friendly » empêche, ne fusse qu’un seul jeune de se suicider, de se faire violenter ou décrocher de l’école, , alors on aura gagner une bataille mais pas la guerre, mais si ces petites victoires se multiplient, on peut espérer à un monde plus tolérant envers toutes les formes de discrimination et des LGBT en particulier !

7. Biographie :

- questionnaire/statistique faite par moi même sur comlive.net dans la section réservée aux GBLT
- combattre l’homophobie à l’école, réflexions et pistes d’actions (site d’Amnesty international)
- SOS homophobie – guide inter_2005
- L’intolérable sentiment anti-homo – brève 2006 – site du parti socialiste
- L’homophobie dans tous ses états… - la lettre du SNUipp N° 338
- Questions fréquemment posées : http://lambda-education.ch/
- Holebi’s : traduction d’un dossier pédagogique publié par KLASSE
- Les projets pédagogiques, propos liminaires (homoedu.free.fr) – 2005
- Évaluation du suicide et pratiques de réseaux-congrès international-Liège du 18 au 22/11/2002 – évaluation de l’effet éventuel de la sursuicidalité sur les comportements sexuels chez les jeunes homms ayant des relations entre eux.
- La place de l’homosexualité dans l’éducation sexuelle en milieu scolaire – 47ème rencontre du CRIPS du 26/09/2002 (homoedu.free.fr) – 2005
- Le monde de William : brochure à l’intention des jeunes sur l’orientation sexuelle. Fascicule d’utilisation et d’information à l’attention des intervenants en contact avec les jeunes (ASBL de promotion de la santé soutenue par le ministère de la santé de la communauté française de Belgique)
- Brochure « combattre l’homophobie, pour une école ouverte à la diversité, une initiative de la Ministre-Présidente du gouvernement de la communauté française (guide pédagogique)
- La lutte contre l’homophobie : http://www.senat.fr/
- L’urgence d’agir : la prévention du suicide chez les personnes homosexuelles : une question de santé mentale – rapport d’un groupe de réflexion initié par GAI ECOUTE
- Droit et homosexualités à travers le monde : http://cf.geocities.com/be_hr/hrlasileb.htm





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